Family Business Group sélectionné pour les phases finales du prix des «Coupoles 2015» (catégorie Multi Family offices) pour le Label «Transparence »

Créé par Distribinvest, ce label récompense les établissements financiers pour la qualité de leur communication financière sur leur activité de distribution et de sélection de fonds. Interview d'Edmée Chandon-Möet et de Kawtar Joua.

Publié le 26 mars 2015 Vie du Family Business Group

 

 

Edmée Chandon-Moët : "Nous sommes prêts à publier les conventions de distribution que nous avons signées avec nos partenaires sociétés de gestion" 
05.03.15

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Dans le cadre du questionnaire de sélection pour la cérémonie des Coupoles Distrib Invest (www.coupoles.distribinvest.com), Edmée Chandon-Moët, associée et présidente de Family & You, et Kawtar Joua, associée, nous expliquent le fonctionnement des activités de family office et de gestion de portefeuille de leur structure.

La transparence est-elle inscrite dans les valeurs de votre établissement ?

Kawtar Joua : La transparence est une des valeurs de notre structure. Elle se traduit dans tout le cycle de la relation client, de l’entrée en relation au reporting périodique ainsi que dans la facturation.

Quel niveau de transparence attendez-vous de vos partenaires ?

Kawtar Joua : Nous attendons qu’ils soient aussi transparents que nous le sommes. Nous apprécions que les tarifs nous soient clairement communiqués et qu’ils soient respectés. Dès lors que ce n’est pas clair, nous ne pouvons pas relayer l’information correctement auprès de nos clients et il en va de notre réputation et déontologie.

Adhérez-vous à des clubs ou associations professionnelles ?

Kawtar Joua : Nous assistons à diverses réunions et manifestations dédiées à la profession. Cela permet d’aller à la rencontre des professionnels du milieu et d’échanger sur l’actualité du métier

Comment entretenez-vous vos compétences ?

Kawtar Joua : Nous suivons régulièrement des formations dispensées par notre chambre de tutelle (CNCIF) ou par d’autres organismes professionnels. Ces formations peuvent être obligatoires du fait de notre statut de CIF notamment celles portant sur l’actualisation des principes réglementaires, dispositifs de la lutte anti-blanchiment. Par ailleurs, à notre initiative, nous participons à des formations organisées par l’Institut des avocats conseils fiscaux (IACF) sur des thématiques juridiques et fiscales d’actualité, par Harvest pour l’utilisation des logiciels d’analyse patrimoniale et d’information financière.

Vos collaborateurs participent-ils à des formations de type media training ?

Kawtar Joua : Nos collaborateurs ne participent pas à ce type de formation.

Vos collaborateurs participent-ils à des formations sur la communication client ?

Kawtar Joua : Harvest dispense des formations sur le logiciel O2S que nous utilisions en interne pour la gestion et suivi des rendez-vous clients et l’élaboration des reportings.

Quelle est la meilleure initiative que vous avez menée pour former vos collaborateurs ?

Kawtar Joua : Leur donner la possibilité de choisir parmi un catalogue de formations, celles qu’ils souhaitent suivre. L’offre à leur disposition était assez diversifiée allant de la maîtrise de la parole en public à la bureautique (excel, access)…

A quelle fréquence rencontrez-vous vos clients ?

Edmée Chandon-Moët : C’est variable. je les vois en règle générale au moins une fois par an. Toutefois, nous communiquons par e-mail ou téléphone en moyenne une fois par mois. Dès lors qu’il y a une opération de gestion, que nous sélectionnons un nouveau gérant ou un nouveau thème d’investissement, nous le communiquons auprès de nos clients. Par ailleurs, lorsque le client a une demande ponctuelle pour un financement immobilier par exemple, il s’adresse à nous pour l’accompagner dans sa réflexion d’achat du bien en question et la mise en place du crédit, lorsqu’il subit un changement de situation familiale ou patrimoniale, ou lorsque l’actualité des marchés le nécessite, nous faisons un point avec lui pour ajuster son portefeuille du fait des modifications intervenues. Nous adressons également à nos clients une lettre trimestrielle proposant un point macroéconomique ainsi qu’un zoom sur un thème juridique ou fiscal particulier. En ce qui concerne l’activité de secrétariat privé, nous voyons certains clients plusieurs fois par semaine au gré des urgences et priorités à traiter.

En cas de situation de crise, quel dispositif mettez-vous en place ?

Edmée Chandon-Moët : Ne jamais se précipiter est notre credo car les décisions prises dans des contextes de fort stress des marchés ne sont généralement pas les bonnes Nous ne traitons pas les problèmes dans l’urgence, c’est le dispositif que nous avons mis en place : nous préférons anticiper quand cela est possible en écoutant et regardant les indicateurs avancés.

Comment les évolutions réglementaires vont-elles impacter vos relations avec vos clients ?

Edmée Chandon-Moët : L’an dernier, nous avons eu un contrôle sur place de la CNCIF, cela nous a permis de vérifier que nous étions bien en conformité avec la réglementation en ce qui concerne la documentation remise aux clients ainsi que les modèles utilisés dans le cadre de notre activité. Nous avons dû recadrer certains aspects en nous basant sur les modèles dispensés par la CNCIF et ensuite relayer cela auprès des clients.

Etes-vous présents sur des réseaux communautaires virtuels ? Intervenez-vous sur des forums de discussion consacrés à votre profession ? Alimentez-vous un blog ?

Kawtar Joua : Nous sommes présents sur les réseaux sociaux. cela contribue à dynamiser notre image et accentuer notre visibilité. Dans un premier temps, nous avons retravaillé notre site Internet afin qu’il reflète mieux nos valeurs de confiance, transparence et pérennité. Nous avons également créé une page de notre société sur Linkedin et nos associés et collaborateurs y sont inscrits. Nous encourageons leur présence sur Linkedin afin que chacun puisse à son échelle être ambassadeur de qui nous sommes. Nous sommes membres de groupes professionnels de discussion sur Linkedin. Enfin, nous communiquons trois fois par semaine sur Twitter pour commenter une actualité financière ou fiscale. L’idée est d’être au plus près de nos prospects, clients et partenaires.

Les évolutions liées à l’utilisation d’Internet impactent-elles vos relations avec vos clients ou d’autres domaines ?

Kawtar Joua : Notre présence sur Twitter et Linkedin représente une évolution de notre communication et un élargissement du champ sur lequel nous pouvons intervenir. La révolution digitale se fait bien sentir et nous avons dû amorcer un changement dans notre mode de communication pour accompagner le mouvement.

Transmettez-vous à vos clients le montant des frais implicites ? Si oui, est-il reversé à vos clients de manière systématique ?

Edmée Chandon-Moët : Nous avons deux activités. La première, family office, où nous sommes payés uniquement en honoraires et la seconde, Conseil en investissement financier, dans laquelle nous effectuons de l’allocation financière (80 clients) par de la sélection de fonds. Je tiens à souligner que nous n’exerçons jamais les deux activités pour un même client, pour éviter qu’il n’y ait un conflit d’intérêt : nous ne pouvons pas être à la fois juge et parti.

Seriez-vous prêt à publier les conventions de distribution que vous avez signées avec vos partenaires sociétés de gestion?

Edmée Chandon-Moët : Oui, nous sommes prêts à publier les conventions de distribution que nous avons signées avec nos partenaires sociétés de gestion.

Vous êtes-vous déjà inspiré d’initiatives étrangères pour faire évoluer votre offre de produits et la qualité de l’accompagnement de vos clients ?

Edmée Chandon-Moët : Nous n’avons pas étudié les family offices anglo-saxons ou américains pour savoir comment ils fonctionnaient, leur modèle étant assez éloigné du modèle français

Etes-vous capable d’intégrer un produit étranger ? L’avez-vous déjà fait ? Pour quel type de produit et/ou service ?

Edmée Chandon-Moët : Nous avons intégré, dans les douze derniers mois, Taylor, une petite société de gestion anglaise spécialisée dans les obligations, mais aussi Schroders, M&G, Aberdeen, J.P. Morgan et Acatis qui fait de la gestion « value » sur le marché allemand. Nous essayons de sélectionner avant tout des gérants en qui nous avons confiance et qui aient une stratégie d’investissement claire et solide. C’est cela, notre valeur ajoutée : les sélectionner !

Avez-vous mis en place un process de veille par rapport aux offres pratiquées au niveau international ? Utilisez-vous des bases de données atypiques ?

Edmée Chandon-Moët : Nous n’avons pas mis en place de veille particulière. Nous fonctionnons essentiellement grâce au bouche à oreille. La seule base de données que nous utilisons est Quantalys. Nous suivons aussi le marché à travers H24 Finance et Morningstar.

Avez-vous une stratégie de développement à l’international ?

Edmée Chandon-Moët : Nous avons ouvert un bureau depuis un an à Bruxelles. L’idée est d’y proposer les activités de consolidation et de secrétariat privé

Affichez-vous le taux d’ouverture?

Edmée Chandon-Moët : Nous proposons une centaine de fonds répartis dans quinze sociétés de gestion. Nous sommes à 100 % en architecture ouverte. Nous sommes indépendants. Nous n’avons aucun produit à vendre.

Combien de nouveaux gérants avez-vous proposés à vos clients en 2014 par rapport à 2013 ?

Edmée Chandon-Moët : En plus des sociétés de gestion étrangères citées plus haut, nous avons renforcé Amundi début 2015.

Faites-vous de l’incubation ?

Edmée Chandon-Moët : Lorsque je vois que le fonds a du sens et que l’équipe fonctionne bien, j’aide les petites sociétés de gestion à être référencées sur les plateformes.

Les petites sociétés de gestion vous intéressent-elles ?

Edmée Chandon-Moët : Elles sont notre valeur ajoutée.

Quel type de partenariat innovant avez-vous conclu, avec au moins une société de gestion pour la soutenir dans son développement commercial, au cours des 12 derniers mois ?

Edmée Chandon-Moët : Certaines plateformes ont accepté de référencer Taylor et BDL Capital Management.

Dans quel autre domaine estimez-vous avoir fait preuve d'audace par rapport à vos concurrents ou au marché en général ?

Edmée Chandon-Moët : Notre audace demeure dans notre méthode de gestion. J’aurais dû la breveter. Au lieu de définir le niveau de risque que le client est prêt à prendre, nous prenons le problème à l’envers et définissons avec le client, le niveau de perte qu’il est prêt à supporter. Ce niveau de perte déclenche un niveau de volatilité cible. La volatilité représente la nervosité du support, à la hausse comme à la baisse. C’est une question d’oscillation par rapport à une droite (la moyenne) sur une période donnée. Tout actif financier a sa propre volatilité : une action « or », un fonds « actions européennes », une action émergente ou une obligation. De manière simplifiée, nous pouvons indiquer qu’une volatilité de 5% signifie que le client va accepter de perdre jusqu’à 5 ou 6% sur une année, mais qu’il va aussi « engranger », lorsque la bourse est favorable, 5 à 6 % de rendement. Prenons pour exemple quelqu’un qui accepte de perdre 4%. En 2014, il aurait gagné aux alentours de 4%. Nous appliquons cette méthode d’allocation depuis 2005 avec deux règles de gestion très strictes : pas plus de 20% par maison de gestion et pas plus de 7% sur un fonds. Nous écrêtons régulièrement les plus-values dégagées. Tous nos clients sont positifs depuis 2005 avec cette méthode. Notre métier est donc de maîtriser et de stabiliser ce niveau de volatilité accepté au départ, et ce, quelle que soit la conjoncture ou la nervosité du moment. En conséquence, le client est plus serein car il sait que si sa volatilité augmente, nous allons lui proposer de réduire son risque ou, au contraire, de l’augmenter si sa volatilité diminue. Dans notre calcul de volatilité seront inclus les flux sortants : bien souvent les clients ont besoin d’une partie de leur capital pour assurer un complément de revenus, payer leurs impôts ou tout simplement vivre au quotidien.

Kawtar Joua : Dans la partie juridique et fiscale, nous proposons également un suivi des prix de revient des titres et des plus et moins-values latentes. Ces titres peuvent être acquis sur le marché, issus de stock-options, ou d’attributions gratuites. Dans toutes les banques dépositaires de ces titres, nous déterminons à un instant t la date d’attribution des titres s’ils sont issus de levées d’options ou d’attributions gratuites, la date de levée, le prix d’exercice, le cours le jour de la levée, le prix de revient pour le banquier, la durée de détention, le taux d’imposition mais également si les titres sont libres de nantissement ou d’engagement de conservation ou quand ils le deviennent. Ainsi, définissons-nous le meilleur moment pour vendre. Ceci nous permet d’optimiser au mieux la fiscalité qui en découle. Notre méthode a fait ses preuves lors de régularisations fiscales où il a fallu reconstituer les prix de revient de plusieurs lignes de titres afin de permettre le calcul de plus-value de cession. C’est un travail titanesque, et pour le client, il tient sur une page. Ce savoir-faire nous permet de souligner la synergie entre la finance et la fiscalité.

 

Propos recueillis par Marie Théobald

 

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